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02/02/2014

Procès Simbikangwa en France : la fin de 20 ans d’impunité ?

               Rescapés du génocide des Tutsi, près de Kigali (Source Kagatama)

Si on nous avait dit que nous allions attendre 20 ans, si on nous avait dit que les présumés génocidaires rwandais vivraient en paix en France pendant tant d’années, si on nous l’avait dit, en 1994, nous ne l’aurions pas cru. Bien sûr, après Noroît, après Amaryllis, après Turquoise, nous n’étions pas très optimistes. Mais on se disait tout de même, que dans la patrie-des-droits-de-l’homme, dans la France de Montesquieu, la France de Badinter, offrir l’impunité à des personnes accusés de génocide, ce n’était pas possible. Et bien, si. Ces présumés génocidaires se sont installés tranquillement en France. Agathe Kanziga-Habyarimana, accusée de génocide, y a été accueillie le 9 avril 1994 avec un chèque de 200 000 Fr (31 000 Euros) du ministère de la coopération française. Arrivé à Paris en sortant d’une prison du Kosovo, Callixte Mbarushimana a obtenu en temps record un statut de réfugié, juste avant de se lancer dans la direction du mouvement terroriste FDLR. Eugène Rwamucyo, considéré comme un des leaders du génocide à Butare et Sosthène Munyemana surnommé « le boucher de Tumba » exercent comme médecins en province. Wenceslas Munyeshyaka exfiltré de Goma par l’Église de France est devenu aumônier de jeunes scouts français...etc.  

La Belgique, la Suisse, les Pays-Bas, le Canada, la Norvège, la Suède, l'Allemagne et la Finlande, ont jugé des Rwandais accusés de génocide. Mais pendant 20 ans, la France est restée sourde aux cris des victimes rwandaises réfugiées en France, des militants des droits de l’homme, des chercheurs spécialistes de l’histoire du Rwanda, des journalistes dont certains ont été témoin du génocide. Les Français ne sont pas tous des adeptes de Pierre Péan, le fraîchement médaillé de la légion d’honneur qui s’autoproclame révisionniste du génocide des Tutsi [1], comme avant lui Robert Faurisson concernant le génocide des Juifs.

Et puis, petit à petit, on y est arrivé. Le capitaine Simbikangwa se retrouve aujourd’hui devant la Cour d’assise de Paris. Certes, c'est un peu par hasard, car sans son trafic de faux papiers, il coulerait encore des jours heureux sous le soleil de Mayotte, tout comme des dizaines de Rwandais recherchés par Interpol et qui vivent en toute impunité en France. On espère que suivront prochainement les procès de Octavien Ngenzi, Tito Barahira qui sont en détention, et de Wenceslas Munyeshyaka et Laurent Bucyibaruta (tous  deux inculpés par le TPIR). Mais ne serait-ce pas plus raisonnable de juger des Rwandais accusés d’avoir commis un génocide contre les Tutsis rwandais au Rwanda, plutôt que de les juger devant des étrangers, dans des langues étrangères dans lesquelles il est souvent difficile ou sinon impossible d’exprimer les nuances des témoignages ?

Après les Canadiens et les Norvégiens, les Néerlandais, toujours pragmatiques, ont compris que leur rôle n’est pas de juger des Rwandais pour génocide. Reconnaissant les efforts énormes du Rwanda pour répondre aux exigences internationales - dont l’abolition de la peine de mort en 2006 - ils ont soutenu son système judiciaire et ont signé un accord d’extradition avec le Rwanda. Pendant qu’en France l’avocat général de la Cour de Cassation vient de déclarer qu’aucune extradition vers le Rwanda n’est possible, car la loi rwandaise sur le génocide (1996) est postérieure à 1994. Oubliant qu’en 1975 le Rwanda a ratifié la convention sur le génocide de 1948, oubliant que le crime de génocide est un crime reconnu en droit international coutumier et que son interdiction est considérée comme une norme de jus cogens[2], oubliant enfin que le TPIR a jugé une soixantaine de Rwandais sur la base d’un statut pourtant créé après le génocide des Tutsi !

La justice doit être rendue au nom du peuple, devant le peuple. Et le peuple qui a besoin de ces procès, c'est le peuple rwandais, les victimes du génocide en premier lieu, mais également les plus jeunes, qui sont l’avenir du Rwanda.

Enfants rwandais lors de la cérémonie d’ouverture de Kwibuka20 à Huye, Rwanda (Source Kwibuka20)

A lire :
Alain Frilet et Sylvie Coma,  Paris, terre d’asile de luxe pour dignitaires hutus, Libération, 18 mai 1994.
Alain Frilet, Kigali, l’enfer de la Sainte Famille, Libération, 17 juin 1994.
Alain Frilet, Un prêtre rwandais accusé de complicité dans le génocide, Libération, 20 juin 1995
Africa Rights, Le boucher de Tumba, mars 1996.
Minna Kimpimäki, Genocide in Rwanda - Is It Really Finland's Concern? International Criminal Law Review, Volume 11, Issue 1, pages 155-176, 2011.
Maria Malagardis, Sur la piste des tueurs rwandais, Flammarion, 2012.
Maria Malagardis, Quinze jours dans la vie de madame, Revue XXI, Printemps 2010.
Génocide rwandais, des tueurs sont-ils parmi nous ? Elle, 26 novembre 2012.
Jean-Pierre Chrétien et Jean-François Dupaquier, En finir avec la palinodie judiciaire, Libération, 6 avril 2009.

Sur le blog Kagatama :





[1] « Je suis révisionniste car quand l'histoire est truquée, il faut la réviser », Pierre Péan, L'Express, 1 décembre 2005.
[2] Le jus cogens se définit comme l'ensemble des « normes impératives du droit international général » au sens de l'article 53 de la convention de Vienne du 23 mai 1969 sur le droit des traités. Il accrédite l’existence d'un « ordre public international » qui procèderait d’une « communauté internationale » au plein sens du terme.

22/08/2009

Génocide à Kigali : l'ex-préfet de la capitale condamné.

On imagine la scène [1]. Nous sommes le 11 juillet 2001 dans l’est de la République Démocratique du Congo, un camp de base animé, des cabanes en torchis, des kadogo tournoyant un peu partout aux ordres de soldats aux uniformes usés et, au milieu, deux hommes assis devant une bière tiède autour d’une table en planches. En chemisette bleue, en sueur, un ordinateur portable devant lui, l’étranger est ravi d'être là. Des hommes le regardent l'air béat, on chuchote, on se pousse du coude, on commente ses moindres gestes, la présence incongrue de cet umuzungu intrigue. Face à lui, un grand gaillard en uniforme, d'une cinquantaine d'années, équipé d’énormes lunettes, celles de l’intelligentsia rwandaise des années 1980-90. Il parle tranquillement. C’est le chef. Un des leader de l’A.L.I.R (Armée de Libération du Rwanda) un groupe armé composé d’anciens soldats rwandais des F.A.R (Forces Armées Rwandaises) et de miliciens Interahamwe, classé comme terroriste par les États-Unis[1], le groupe se rebaptisera la même année F.D.L.R (Front de Libération du Rwanda). Ces miliciens déstabilisent le Congo et la région des Grands Lacs depuis des années, se rendant coupables de nombreux crimes contre l’humanité. Au moment où il parle, cet ex-préfet de Kigali sait qu’il est un des fugitifs les plus recherché par le T.P.I.R (Tribunal pénal international pour le Rwanda) pour avoir participé au génocide des Tutsi, il sait que les U.S.A. ont offert une prime de 5 000 000$ à toute personne donnant des informations sur sa localisation. Tharcisse Renzaho[2] savoure son entretien.

Un fugitif rwandais et un juge français au Congo.
Son interlocuteur l’écoute avec gourmandise. Il prend des notes. Il pose des questions. Est-ce un journaliste ? Un mercenaire ? Un vendeur d’arme ? Pas du tout. Il s’agit d’un juge d’instruction français, le juge anti-terroriste Jean- Louis Bruguière. Celui qui enquête sur la mort des pilotes français de l'ex-président rwandais Habyarimana. Tharcisse Renzaho vient de lui dire que c’est le F.P.R (Front Patriotique Rwandais) qui a fait le coup. La preuve ? Suite aux accords de paix d’Arusha et à l’installation d’un bataillon du F.P.R au C.N.D (Conseil National de Développement/Assemblée Nationale), le F.P.R avait interdit le survol dudit C.N.D pour des mesures de sécurité, mais d’après Renzaho (Ordonnance de soit-communiqué, page 45), l'objectif véritable du F.P.R était d'obliger les avions à survoler « le secteur valonné (sic) et boisé de Masaka» d’où seraient partis les tirs de missiles (voir photo ci-dessous).

M. Bruguière qui n'est jamais allé au Rwanda, ne sait pas que «le secteur vallonné et boisé de Masaka» n’était ni une forêt, ni même un bois[3]. Il n'a pas pu constater que la colline de Masaka était située tout près du camp militaire ultra-sécurisé de Kanombe, mais aussi d’une position de gendarmerie et à quelques centaines de mètres d'une zone densément peuplée. [4]. Un endroit où un commando du F.P.R serait difficilement passé inaperçu. [Voir la mise à jour ci-dessous]
Peu importe. Jean-Louis Bruguière a ajouté le fugitif Tharcisse Renzaho à sa liste de « grands témoins », juste en dessous de Théoneste Bagosora et non loin d’Abdul Ruzibiza. Afin de recueillir des informations sur les missiles tirés à partir de la colline de Masaka, au Rwanda, M. Bruguière a choisi d'aller au Congo pour interroger un fugitif rwandais recherché par le T.P.I.R, c'est singulier. D'autres juges d'instruction, auraient enquêté au Rwanda, mais Jean-Louis Bruguière n'est pas un juge comme les autres. Un an après, grâce à la prime de 5 000 000$, Tharcisse Renzaho sera arrêté par la police congolaise, le 26 septembre 2002, et remis au T.P.I.R où il sera jugé pour ses crimes.
Le préfet qui organisait l'extermination des Tutsi.
Au Rwanda, le colonel Tharcisse Renzaho n’avait pas tous les atouts pour être « un grand ». Au moment où il fallait être né à Gitarama dans les années 1960 et à Gisenyi dans les années 1970-90, il avait vu le jour dans la préfecture de Kibungo. Mais cet homme intelligent s’est vite fait remarqué. Parti étudier dans des écoles militaires en Allemagne, en France et en Belgique, il est revenu au Rwanda avec la formation d’ingénieur de guerre. Après une ascension rapide au sein du parti unique M.R.N.D, il deviendra le tout puissant préfet de la ville de Kigali juste après l’attaque du F.P.R du 1er octobre 1990. Redouté, il participera dès le 5 octobre à la grande rafle de Tutsi (essentiellement les Tutsi considérés comme intellectuels ou aisés), suspectés de complicité avec le F.PR.Certains Hutu accusés d'opposition au régime furent également raflés. Selon l'ambassadeur américain Robert Flatten, et d'autres sources, plus de 8000 personnes furent arrêtées en trois jours.
Je me souviens que ce funeste 5 octobre 1990, des militaires excités, guidés par nos voisins, ont fouillé de fond en comble notre maison. Ils nous ont braqué avec leur fusil, ont déchiré nos photos de famille, nous ont insulté, crâché dans la figure, humilié, menacé de mort. Ils cherchaient des armes... Nous vivions là avec ma mère, ma petite soeur et ma grand-mère. Le cousin de ma mère, Kamanzi, fut embarqué dans leur camion, ma mère, une institutrice, échappa de justesse à la rafle. Mais tous ses collègues Tutsi furent arrêtés. Au même moment, dans la capitale, mon père et mon oncle étaient arrêtés et emmenés au stade Nyamirambo. Ces milliers de gens, arbitrairement arrêtés sont restés dans ce stade pendant quelques jours sans boire ni manger, subissant toutes les humiliations possibles. Ils furent ensuite transférés à la prison centrale de Kigali. Mon père y est resté six mois. Très peu en sont ressortis indemnes, beaucoup furent exécutés. Puis ce fut le génocide.

Quelle est la fonction d’un préfet de la République en temps de paix? Veiller à l’ordre public et à la sécurité de ses concitoyens. Et que fait-il lorsqu’un génocide est planifié par l’Etat ? Il l’organise ou il démissionne. Tharcisse Renzaho n'a pas démissionné. Il a été reconnu coupable (Jugement Renzaho, 14 juillet 2009) d'avoir soutenu sur les ondes de Radio Rwanda, et durant des réunions officielles avec les fonctionnaires de la ville, les massacres de civils Tutsi aux multiples barrages dressés dans Kigali, d'avoir distribué des armes aux miliciens Interahamwe dans le but de tuer des Tutsi et d'avoir encouragé le viol des femmes Tutsi . Et lorsque cela coinçait quelque part, il intervenait en personne.
Cela coinçait à l’église de la St. Famille, au Centre des Études de Langues Africaine (C.E.L.A) et au Centre pastoral St. Paul, un vaste ensemble de bâtiments qui se trouve au centre de Kigali, juste à côté de l’axe principal de la ville. Plusieurs milliers de personnes s’y étaient réfugiés. Les militaires de la M.I.N.U.A.R passaient régulièrement, souvent accompagnés de journalistes occidentaux. Les Interahamwe ne pouvaient pas y « travailler » tranquillement. Tharcisse Renzaho a été reconnu coupable d'avoir ordonné l'assassinat de 40 civils Tutsi au C.E.L.A, dont Charles Rwanga et ses enfants Wilson et Déglote, c'était le 22 avril 1994; d'avoir ordonné l'assassinat de 40 ou 50 Tutsi au centre Saint-Paul, c'était le 14 juin 1994; et enfin d'avoir ordonné l'assassinat de plus de 100 Tutsi à l'église de la Sainte-Famille, c'était le 17 juin 1994. Tharcisse Renzaho a été condamné le 14 juillet 2009 à la prison à vie par le T.P.I.R, pour « génocide, meurtre et viol en tant que crime contre l’humanité, et meurtre et viol en tant que crime de guerre». Lors des 49 jours du procès de Tharcisse Renzaho, parmi les 53 témoins, qui sont venus témoigner, un nom, en plus de celui de l'accusé, est revenu souvent, celui d'un prêtre : Wenceslas Munyeshyaka.
Un curieux homme d'église.
Le 17 juin 1994, le jour même du grand massacre de l'église de la Sainte-Famille, Libération publiait un long article d'Alain Frilet Kigali, l'enfer de l'église Sainte-Famille. Le journaliste évoque le massacre précédent du 14 juin 1994 et fait le portrait de Wenceslas Munyeshyaka, un «curieux homme d'église pistolet à la ceinture et gilet pare-balles» qui avait autorisé «comme d'habitude» les miliciens à rentrer dans son église pour y chercher des Tutsi à exécuter.

Réfugié en France depuis septembre 1994, l’abbé Wenceslas Munyeshyaka est rentré dans l’histoire de la justice internationale, catégorie impunité. Après sa mise en examen dès 1995 par un juge d’instruction français pour « génocide, complicité de génocide, torture, mauvais traitements et actes inhumains et dégradants», son inculpation (d'abord secrète) le 20 juillet 2005 par Hassan Jallow, Procureur du T.P.I.R, pour « génocide et crime contre l'humanité (viol, extermination et assassinat) », l’émission d’un mandat d’arrêt international du même procureur le 21 juillet 2007, sa condamnation par contumace le 16 novembre 2006 par la Cour militaire de Kigali à la prison à vie pour « génocide et viol », le 14 juillet 2009 une Chambre de première instance du T.P.I.R a noté qu'au vu des éléments de preuve présentés dans l'affaire Renzaho, il y a des preuves que Munyeshyaka était présent à l'église de la Sainte-Famille pendant les attaques et qu'il y a apporté de l'aide [provided some assistance] [6].


Les juges Møse, Egorov et Arrey ont entendu le témoignage de Corinne Dufka (audience du 30/01/07). Cette journaliste américaine a raconté comment, le 20 mai 1994, au moment où Kigali était un enfer, Wenceslas Munyeshyaka l'a conduite dans sa camionnette blanche, à 15 minutes de son église, pour lui montrer un grand barrage tenu par des Interahamwe. Elle a expliqué que, à la vue du prêtre, les miliciens ouvraient sans aucune difficulté leurs check points, que, c'est grâce à l'intervention de Wenceslas Munyeshyaka que les miliciens l'ont autorisée à prendre des photographies. Devant les trois juges du T.P.I.R, la journaliste s'est remémorée, comment Wenceslas Munyeshyaka l'a introduite auprès d'une de ses connaissances...Robert Kajuga, le chef des miliciens Interahamwe de Kigali ! Autour d'eux des miliciens puant l'alcool sautillaient tout excités en criant, armés de kalachnikov, de machettes, de gourdins cloutés, l'un d'eux s'amusant avec la goupille de sa grenade. Les juges ont donc logiquement conclu que Wenceslas Munyeshyaka avait de bonnes relations de travail avec les Interahamwe. [6] Le même père Wenceslas déclarait en février 1995 sur France 3, face à Jean-Louis Nyilinkwaya dont une partie de sa famille s'était réfugiée à la St. Famille : « je risquais beaucoup ma vie, j'avais vraiment trop de menaces, je n'ai jamais eu de bonnes relations avec les miliciens ».
«La volonté de la France de coopérer pleinement avec la justice internationale ».
Il y a cinq ans, le 8 juin 2004, la France fut condamnée par la Cour Européenne des Droits de l’Homme (Le camouflet des juges européens, L'Humanité, 14/06/04) pour n’avoir pas jugé Wenceslas Munyeshyaka dans «un délai raisonnable », le 19 juillet 2006 Laurent Le Mesle, directeur de cabinet du Ministre français de la justice donna son accord au Procureur du T.P.I.R pour « se saisir des faits objets des procédures suivies par le tribunal pénal international pour le Rwanda à l’encontre de Laurent Bucyibaruta et Wenceslas Munyeshyaka », le 20 novembre 2007 trois juges du T.P.I.R acceptèrent officiellement le désaissisement du TPIR au profit de la France. Interrogé sur l’avancement du dossier, un an et demi après ce transfert, Hassan Jallow déclarait laconiquement : « rien à signaler jusqu’à présent », en écho le porte-parole du ministère français de la justice tentait de rassurer les sceptiques, et insistait sur : « la volonté de la France de coopérer pleinement avec la justice internationale ».15 ans après la première plainte contre Wenceslas Munyeshyaka pour génocide, Jean-François Dupaquier, demandait dans une tribune publiée dans Le Monde, que la France en finisse avec «la palinodie judiciaire». Mais Wenceslas Munyeshyaka n’a pas cassé de caténaires de la S.N.C.F, et il a ses papiers. Il vit donc en liberté, à Gisors, la capitale du Vexin Normand près d’Evreux, où l’Église de France lui a demandé, en tant que prêtre, de veiller sur les âmes des scouts locaux et sur celles des paroissiens de cette paisible ville normande.

Après la condamnation de Tharcisse Renzaho à la prison à vie, son avocat a fait cette étrange déclaration : «Concernant les viols, Renzaho est chrétien ; il n’a jamais souhaité que des viols soient commis dans sa préfecture »[7]. Le chrétien Renzaho aura au moins la satisfaction de passer le restant de sa vie entouré de l'abbé Athanase Seromba et, si sa peine est confirmée en appel, du père Emmanuel Rukundo, condamnés comme lui par le T.P.I.R pour génocide.

MISE A JOUR : Grâce au rapport Mutsinzi et à l'étude balistique de l'université de Cranfield, on sait désormais que le tir de missile ne pouvait provenir que du camp militaire de Kanombe. Le dépôt d'un missile vide sur la colline de Masaka n'était qu'une mise en scène de ceux qui ont commis l'attentat : les FAR. Lire notamment Le Carnet de Colette Braeckam : Qui a tué Habyarimana ? Les Rwandais ont mené l'enquête.




Photographies :
1/ L'église de la St. Famille, Kigali, 2006 (photo Kagatama).2/ Le porte-parole des F.D.L.R, le lieutenant-colonel Edmond Ngarambe, le 26 novembre 2008 à Lushebere (R.D.C)- (source : AFP/Tony Karumba) 3/Bas-fond au pied de la colline de Masaka d’où auraient été tirés les missiles selon C. Braeckman et Ph. Reyntjens. (Source : P. Jamagne, mai 2007) « Rwanda. L’histoire secrète » de Abdul Joshua Ruzibiza ou Mensonges made in France ? », Pierre Jamagne, 7 avril 2008. 4/Jean-Louis Bruguière, initié dans la confrérie du vin de Cahors, (source La dépêche). 5/ Tharcisse Renzaho lors de son procès (source Trial Watch). 6/ Photographie de Corrine Dufka, prise le 20 mai 1994, lors de son reportage guidée par W. Munyeshyaka. 7/ Wenceslas Munyeshyaka pistolet à la ceinture et micro à la main à Kigali devant l’église de la St. Famille pendant le génocide en 1994 (source : Rue89 et Interpol). 8/ Wenceslas Munyeshyaka photographié pour les besoins d’un appel au don sur son blog afin de financer « des frais nécessités pour la défense du père Wenceslas dans le cadre d'une instruction judiciaire en France. »




[1] Il est indiqué dans l'ordonnance de soit-communiqué (p.45) du 17/11/2006 que la rencontre avec Tharcisse Renzaho, un des leaders des mouvements rebelles les plus virulents sévissant à l’est du Congo, et l'un des fugitifs parmi les plus recherchés par le T.P.I.R, s’est déroulée dans la capitale de la R.D.C à Kinshasa. Le Col. Aloys Ntiwiragabo, ex-chef des renseignements militaires des F.A.R devenu un des leaders des F.D.L.R, a été auditionné lors de la même commission rogatoire. Ces rencontres peuvent avoir eu lieu ailleurs qu’à Kinshasa, mais j'ai beaucoup d'imagination...
[2] Ex-FAR/Interahamwe (formely Armed Forces of Rwanda). They [ the Armed Forces of Rwanda (FAR) and the Interahamwe] became known as the Army of the Liberation of Rwanda (ALIR), which is the armed branch of the PALIR or Party for the Liberation of Rwanda. In 2001, ALIR –while not formally disbanded- was supplanted by the Democratic Front for the Liberation of Rwanda (FDLR). Background Information on Other Terrorist Groups, U.S. Department of State.
[3] He [Tharcisse Renzaho] is believed to be a leader of the Army for the Liberation of Rwanda (ALIR) and to have played a commanding role in the war that has gripped the Great Lakes region of Africa, Arrest of genocide suspect Renzaho. Statement by Richard Boucher, Spokeman of the U.S. Department of State, September 30, 2002.
[4] Si Jean-Louis Bruguière s’était rendu au Rwanda il aurait pu constater que la conception européenne du « bois » n’a absolument rien à voir avec la rwandaise. Le Rwanda ayant été longtemps un pays dramatiquement déboisé, lorsqu’un rwandais parle d’un bois ou d’une zone boisée cela signifie qu’il y a plus de 10 arbres côtes à côtes. S'il était allé au Rwanda, il saurait que « le pays des mille collines » est une immense...« zone vallonnée » !
[5] On sait d’où sont partis les missiles. Il s’agit des environs immédiats d’un endroit appelé « La Ferme », situé sur la piste reliant la colline de Masaka à la route principale Kigali-Rwamagana-Kibungo, « La Ferme » se trouve à quelques centaines de mètre à vol d’oiseau de cette dernière et à deux kilomètres à peine du camp militaire de Kanombe. La zone est densément peuplée. De nombreux civils et militaires proches du régime y habitent. De plus, à la bifurcation entre la route nationale et la piste de Masaka se trouve une position de la gendarmerie et des F.A.R. ». Rwanda, trois jours qui ont fait basculer l’histoire, pages 23-24 , Filip Reyntjens, Cahiers Africains, 1995.
[6] Les dépositions ne permettent pas à la Chambre de conclure au sujet du rôle exact joué par Munyeshyaka pendant l'attaque. Toutefois, elle note que, sur la base des éléments de preuve en l’espèce, il apparaît que Munyeshyaka se trouvait à Sainte-Famille pendant l'attaque et qu’il avait fourni de l’assistance. (les relations de travail entre le père Munyeshyaka et les Interahamwe ont été également évoquées dans le témoignage de Corinne Dufka au sujet des barrages). Jugement Renzaho, ICTR-97-31-T, 14 July 2009, page 210.
[7]. Agence Hirondelle, 14/07/09. Violer serait donc moins chrétien que d’organiser un génocide ? Curieux. En 1994, 95% de la population rwandaise était chrétienne, parmi elle, un grand nombre s'est rendu coupable de génocide. Donc la majorité de ces bourreaux étaient des chrétiens.

10/11/2008

Rwanda. La France va-t-elle oser juger Rose Kabuye ?


Le major Rose Kabuye, en juillet 1994

Le 3 novembre 2008, l’Allemagne libérait Callixte Mbarushimana et Onesphore Rwabukombe, deux Rwandais pourtant accusés de génocide, en plus de cette accusation, le premier est également le secrétaire exécutif adjoint du FDLR un mouvement rebelle sévissant au Congo et qui est considéré comme terroriste par les Etats-Unis d’Amérique (voir la liste).

Le 9 novembre 2008, l’Allemagne a arrêté Rose Kabuye, chef du protocole du chef de l’Etat rwandais, sur la base d’un mandat d’arrêt émis par un juge français, Rose Kabuye ne s’est pas opposée à son extradition vers la France. Le juge Bruguière l’accuse d’avoir participé à l’attentat du 6 avril 1994 contre l’avion du général major Juvénal Habyarimana, et d’avoir conséquemment causé la mort de trois ex-militaires français le major Jacky Heraud, le commandant Jean-Pierre Minaberry et l'adjudant-chef Jean-Marie Perrinne qui pilotaient l’avion (lire l’Express, 21 novembre 2006). Piloter l’avion d’un dictateur africain dans un pays en guerre, c’est très bien rémunéré, mais c’est dangereux. Ces hommes savaient ce qu’ils risquaient, tout comme les militaires français qui sont morts en service durant la guerre qu’ils menaient contre le FPR au nord du Rwanda, au début des années 1990[1].

Rose Kabuye qui a contribué à arrêter le génocide lorsqu’elle était major dans la rébellion en 1994, sera-t-elle la première rwandaise à être jugée en France ?

Rappelons que la France héberge, depuis 14 ans, des Rwandais accusés par des dizaines de rescapés du génocide, par des associations de droits de l’homme, mais aussi par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (Wenceslas Munyeshyaka et Laurent Bucyibaruta), pour leur participation présumée au génocide des Tutsi. Aucun n’a été jugé alors que la France est compétente pour le faire suivant la loi n° 96-432 du 22 mai 1996 . Ces hommes sont pourtant accusés, il faut le répéter, de génocide, de crimes contre l’humanité, de viols, d’assassinats... Oui, mais contre des Rwandais.

La France, « pays-des-droits-de-l’homme », va-t-elle oser montrer au monde entier, qu’elle attache beaucoup plus d’importance à la mort de trois de ses militaires, tués alors qu’ils servaient un dictateur, dans un pays en guerre qui n’était pas le leur, qu’à la mort de centaines, voire de milliers (dans le cas du préfet Bucyibaruta) de civils rwandais, exterminés froidement parce qu’ils avaient le tort d’être qualifiés de Tutsi ? La France va-t-elle encore longtemps supporter la honte d’être le pays au monde ayant sur son territoire le plus grand nombre de Rwandais accusés de génocide ?[1]
Nous, les rescapés du génocide, nous les nègres, nous les bougnoules, nous rêvons encore que l’esprit des Lumières devienne réalité. Le très bel article premier de la Déclaration des droits de l’homme, le fameux « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits » fait très joli sur la cheminée de la France, mais il prend la poussière.



[1] Ils ont été tous les trois décorés le 7 juin 1994 à titre posthume au grade de chevalier de la Légion d'honneur "tués dans l'accomplissement de leur devoir le 7 avril 1994". (voir le Journal Officiel du 14 juin 1994). Lire également l'article de S. Smith du 7 avril 1995 dans Libération.

03/11/2008

Rwanda : « Le tortionnaire » a été arrêté.

Son nom faisait peur. Son surnom encore plus. « Le tortionnaire » comme tout Kigali l’appelait, avait gagné son surnom à cause du plaisir sadique qu’il trouvait à assister aux tortures dont peu de Rwandais sont sortis vivants. Le capitaine Pascal Simbikangwa redoublait de zèle dans son travail de chef des renseignements militaires et de la criminologie à la présidence du général Juvénal Habyarimana. Il pouvait déclarer « suspect » des dizaines de Rwandais accusés du seul «crime» d’avoir critiqué son patron, le général Habyarimana ou d’avoir la mention ethnique «Tutsi» non barrée sur leur carte d’identité et de s’être trouvés au mauvais endroit au mauvais moment.

Le capitaine Pascal Simbikangwa est une célébrité. Christophe Mfizi nous dit dans son rapport « Le réseau zéro, fossoyeur de la démocratie et de la république au Rwanda (1975-1994) », comment « le redoutable capitaine Pascal Simbikangwa » l’a menaçé. Filip Reyntjens dans une note déposée comme preuve dans l’affaire Rutaganda (TPIR) le présente comme un membre des «escadrons de la mort» . Il était connu en particulier pour exécuter les ordres de son beau-frère, le colonel Elie Sagatwa membre éminent de l'Akazu[1]. Le 27 mars 1992, l’ambassadeur de Belgique au Rwanda, Johan Swinnen le désigne, dans un télex adressé à son ministre de tutelle Willy Claes, comme étant membre d’un « état-major secret chargé de l’extermination des Tutsis du Rwanda afin de résoudre définitivement, à leur manière, le problème ethnique au Rwanda et d’écraser l’opposition hutue intérieure» (Commission d'enquête parlementaire concernant les évènements du Rwand-Sénat de Belgique). Le «Rapport de la commission internationale d'enquête sur les violations des droits de l'homme au Rwanda depuis le 1er octobre 1990 (7-21 janvier 1993)» évoque le capitaine Simbikangwa comme un tortionnaire. L’ONG américaine Human Right Watch rapporte dans son bilan de l’année 1993 au Rwanda que Monique Mujawamariya, une militante rwandaise des droits de l’homme « a été menacée de mort par le Capt. Pascal Simbikangwa connu pour avoir torturé plusieurs personnes détenues par les services secrets [2] ». Les auteurs de l’excellent ouvrage «Les médias du génocide » nous racontent l’épisode de la création du journal « L’indomptable Ikinani»[3] par Pascal Simbikangwa. Ce journal trop haineux sera retiré de la vente à la demande de feu Agathe Uwilingiyimana alors premier ministre. Toujours dans le même livre on trouve une caricature le montrant en train de torturer le journaliste Boniface Ntawuyirushintege, rédacteur en chef d'un journal d'opposition (sur cet évènement lire le rapport d'Eric Gillet et André Jadoul pour le CRDDR, page 21). Le 23 mars 1994, Joseph Kavaruganda, président de la cour de cassation, alertait le président Habyarimana sur les menaces de mort du capitaine Pascal Simbikangwa à son encontre. Joseph Kavaruganda sera assassiné 18 jours plus tard, le 7 avril 1994, par des membres de la garde présidentielle (courrier de Joseph Kavaruganda, 23/03/94).

« Le tortionnaire » s’est même cru touché par la grâce de l’écriture, il a publié deux livres « L’homme et sa croix » (1989) et « La guerre d’octobre » (1991). Si on reste sur sa faim au niveau littérature, on peut découvrir plusieurs aspects intéressants de sa personnalité grâce à son premier livre : « un pistolet 9mm dont j’allais bientôt maîtriser les secrets, une mitraillette Uzi qui commençait à me devenir un compagnon de choix, débarquer ou embarquer dans une voiture roulant à grande vitesse avec possibilité de me recueillir et me défendre aisément, et ma volonté farouche des VIP, tout cela me faisait revivre les temps héroïques de mes ancêtres.» […] « Je suis né guerrier et je devrais le rester tant que je vivrais, car cette lutte, ce combat sans merci que la survie (sic), je la mène avec détermination et dans un idéal de toujours chercher à mieux faire. Je suis donc guerrier et je ne le suis d’ailleurs que trop car dans l’acceptation de ma vie où je dois faire preuve de mon sang froid, de courage exceptionnel aux yeux de l’environnement qui ne cesse de s’en étonner malgré ce terrible 28 juillet 1986 [4]»[...] «Dans une soirée, un mec de la 3ème année est venu à côté de mon lit et dit : - Mais toi tu as un nez de «fallacha»![5]Heureusement que j'étais encore de ce sang inarrrêtable ! J'ai tout de suite piqué une colère de buffle. Il a dû avaler deux hypercutes qui l'ont rendu si impuissant qu'il est devenu par après mon grand copain ! On ne nait jamais nerveux, on le devient.»
Dans son acte d’accusation publié le 3 mars 2008, le procureur général du Rwanda l’accuse de «génocide, complicité de génocide, complot de génocide, assassinat et extermination », pour des actes qu’il aurait commis à Kigali et à Gisenyi à partir d’avril 1994.


«L'inarrrêtable» capitaine Pascal Simbikangwa a été arrêté le 28 octobre 2008 à Mayotte, France. C'est en 2005 qu'il décida de séjourner en France, auparavant il vivait en République fédérale islamique des Comores. Un pays où le frère d’Agathe Habyarimana, Séraphin Rwabukumba (il est accusé par plusieurs sources d’être membre du réseau zéro) a longtemps vécu et où il fait des affaires. Au vu de son handicap, on a longtemps cru que Pascal Simbikangwa n'avait pas survécu aux rigueurs des camps du Zaïre, c'est peut-être pour cela que son nom n'a pas fait partie des premiers actes d'accusations du TPIR. Il faut dire également que «le tortionnaire» avait pris le soin de vivre sous une fausse identité : Safari Sedinawara.

Lorsqu’on s’appelle Pascal Simbikangwa et qu’on est recherché par Interpol, est-ce judicieux de choisir la France « pays-des-droits-de-l’homme » plutôt que la République fédérale islamique des Comores plus connue pour ses coups d’états et sa corruption que pour sa démocratie ? Curieusement, oui. La France est très attractive pour les Rwandais accusés de génocide, c’est le pays au monde ayant sur son sol le plus grand nombre (12) de Rwandais accusés de génocide[6] (en dehors du Rwanda), dont 10 recherchés par Interpol[7]. Tous ces Rwandais sont libres, aucun n'a été jugé et toutes les demandes d'extradition vers le Rwanda ont été refusées par les tribunaux français, à l’exception d’une seule autorisée par la Cour d’Appel de Chambéry mais ensuite cassée par la Cour de Cassation le 9 juillet 2008 (Affaire Claver Kamana). La France a en outre été condamnée le 8 juin 2004 par la Cour Européenne des Droits de l'Homme pour n'avoir pas jugé dans un délai raisonnable un Rwandais accusé de génocide. Plus de quatre ans après cette condamnation Wenceslas Munyeshyaka est encore très loin du box des accusés d'une Cour d’assise…


Le capitaine Pascal Simbikanwgwa sera jugé en France, il n’y a aucun doute, mais il sera jugé pour....trafic de faux papiers, pas pour «génocide». Etre accusé de génocide, crime contre l'humanité, torture, viol, meurtre contre des Rwandais au Rwanda, n’empêche nullement de vivre paisiblement en France avec ou sans papiers. Plusieurs rwandais [8] accusés de génocide ont vu ainsi leur demande d’asile politique refusée par la commission de recours des réfugiés au motif « qu’il y a des raisons sérieuses de penser que X s’est rendu coupable d’un crime au sens de l’article 1er F, de l’article premier de la convention de Genève, et notamment d’un crime contre l’humanité » mais curieusement cela ne les empêche pas de résider et de travailler en France. Par contre, favoriser l'immigration clandestine en confectionnant des faux papiers cela ne pardonne pas au « pays-des-droits-de-l'homme ». « Le tortionnaire » va méditer longtemps son erreur, il risque 10 ans de prison pour cette infraction.


Malheureusement, ses victimes rwandaises n'auront pas encore la satisfaction de le voir devant un tribunal qui le jugerait pour «génocide». C’est dommage, car le procureur français aurait pu appeler à la barre Bill Clinton qui, le 30 avril 1994, lorsqu’il était président des Etats-Unis d’Amérique, avait appelé les leaders rwandais, à plus d'humanité ("to recognize their common bonds of humanity") sur la radio Voice of America (diffusée au Rwanda). Son National Secretary Advisor, Antony Lake, avait préalablement fait cette déclaration à la Maison Blanche, le 22 avril 1994: 

«We call on the leadership of Rwanda Army Forces, including Army-Commander in Chief Col. Augustin Bizimungu, Col Nkundiye, Capt Pascal Simbikangwa and Col. Bagosora, to do everything in their power to end the violence immediately».[9]

MISE A JOUR : Pascal Simbikangwa, premier Rwandais renvoyé devant les assises en France (source TV5). Le procès d'assises de Pascal Simbikangwa se tiendra du 4 février au 28 mars 2014.

NOTA: La caricature publiée dans le journal Umurangi le 10 février 1992 est reproduite dans le livre «Les médias du génocide», page 41, Editions Karthala, Jean-Pierre Chrétien (sous la direction) . Les photographies représentant Pascal Simbikangwa avant et après son accident de voiture sont des copies de son livre «L'homme et sa croix», éditions de l’Imprisco, déc. 1989.
Pour les rwandophones, lire l'article du journal Izuba : Kapiteni Simbikangwa yatawe muri yombi

1 Akazu : petite maison en kinyarwanda, mot désignant un cercle restreint composé de personnes proches du couple présidentiel qui exerçaient le pouvoir réel au Rwanda à l’époque du général Juvénal Habyarimana.
2 She [Monique Mujawamariya] was threatened with death by Capt. Pascal Simbikangwa, known to have tortured many persons detained by the secret police.
3 Ikinani : qui signifie l'invicible c'était le surnom des supporters du général Juvénal Habyarimana.
4 Il fait allusion au jour de l'accident de voiture qui l'a rendu paralysé. L’homme et sa croix, éditions de l’Imprisco, déc. 1989, pages 95, 111 et 114.

5 Les Tutsi étaient parfois surnommés ainsi par les extrêmistes Hutu en références aux juifs éthiopiens. Ils étaient également supposés avoir un nez plus long que les Hutu.
6 Marcel Bivugabagabo, Laurent Bucyibaruta, Isaac Kamali, Claver Kamana, Agathe Kanziga, Cyprien Kayumba, Stanislas Mbonampeka, Sosthène Munyemana, Wenceslas Munyeshyaka, Laurent Serubuga, Pascal Simbikangwa et Pierre Tegera. Voir le site du Collectif des Parties Civiles pour le Rwanda.